Pour une foi réfléchie

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«Créés pour ne subir aucun genre de mort s’ils ne péchaient point, les premiers hommes pécheurs ont été frappés d’une mort si réelle qu’elle dut atteindre leur postérité même. Car d’eux, rien ne pouvait naître qui fut différent d’eux. La grandeur de la faute a décidé cette condamnation qui a si profondément altéré leur être que la mort, peine du péché dans les premiers hommes, est devenue pour les générations suivantes une condition naturelle. L’homme, en effet, ne naît pas de l’homme comme le premier homme est né de la poussière. La poussière n’est que la matière de l’homme primitif; l’homme qui engendre est le père de l’homme. Ainsi la chair n’est pas de même nature que la terre, quoique la chair soit formée de la terre. Mais il y a identité parfaite entre l’homme-père et l’homme-fils. Donc tout le genre humain, qui par la femme devait s’épancher en générations, était dans le premier homme, quand le couple reçut l’arrêt de sa condamnation. Et tel il fut, non pas au moment de sa création, mais au moment de son péché et de son châtiment, tel il se reproduit dans les mêmes conditions originelles de mort et de péché.»

Augustin, La Cité de Dieu 13.3